Bilan du Nicaragua


On vous l’avait dit dans nos premiers articles : il nous a fallu seulement quelques heures pour constater la différence assez hallucinante entre le Costa Rica et le Nicaragua. Du tout au tout. Après un mois d’Octobre au vert, un peu repliés sur nous-mêmes, nous avons passé ce mois de Novembre en immersion culturelle, pour notre plus grand plaisir.


On était venus chercher au Nicaragua une nouvelle expérience authentique auprès des locaux tout en découvrant un aspect super important du social business : le micro-crédit.

Pour ce qui est de l’immersion culturelle, on a été gâtés. Déjà, car le Nicaragua est un pays super riche, composé de très nombreuses ethnies, au passé colonial mouvementé qui a donné naissance à des villes grandioses. La nature n’est pas aussi belle qu’au Costa Rica mais elle nous a aussi offert de très jolies choses, notamment avec la découverte de ses volcans. On a adoré arpenter ses deux villes coloniales les plus célèbres : Granada et Léon. On a retrouvé un petit charme asiatique : le chaos de la circulation et des marchés, les vendeurs ambulants, l’ambiance chaleureuse des maisons colorées, les sourires des enfants et la joie de prendre tout ce beau monde en photos pour leur plus grand plaisir.

Mais la plus grosse claque fût Puerto Cabezas, la ville de notre mission. Le bout du monde. Je pense que c’est ce qui nous viendra à l’esprit quand on y repensera dans quelques mois. On a d’abord été sous le charme de son isolement géographique : les Miskitos ont pu y préserver leur culture de l’invasion hispanique, nos premières balades au beau milieu de leurs cabanes ont été inoubliables.

Puis peu à peu, après l’émerveillement, la pauvreté nous a sauté aux yeux et nous a volé les dernières forces qu’il nous restait après tous ces mois d’aventures.

Il nous a manqué dans cette immersion peut être plus de temps avec chacune des familles, être hébergés chez elles par exemple, pour vraiment pouvoir apprécier leur quotidien. Notre mission avait l’avantage de nous permettre de rencontrer beaucoup de gens, mais la quantité s’est un peu faite au détriment de la qualité. Nous nous sommes toutefois dit à nombreuses reprises que nous avions énormément de chance de pouvoir rencontrer autant de personnes dans ces conditions : nous n’étions pas des touristes, nous étions des personnes travaillant pour Pana Pana , l’institution qui les aide dans leur quotidien . Cela faisait toute la différence. Ce statut nous a permis d’approcher au plus près la communauté des Miskitos, reconnue comme très renfermée sur elle-même, voire agressive et raciste envers les étrangers. On l’a parfois ressenti, mais c’était surtout de la méfiance, car par le passé, leurs contacts avec les «gringos » n’ont jamais été très agréables.


Quant à notre découverte du micro crédit, cela fût à la hauteur de nos attentes. On a constaté par A+B+C son efficacité, on a décortiqué chacun de ses aspects , pour mesurer son impact social. Aujourd’hui plus que jamais, je peux crier haut et fort que c’est un outil qui change le monde et qui doit être répandu à encore plus grande échelle.

Si cela vous intéresse, VOUS, de chez vous, dans votre canap’, de vous engager également pour le micro-crédit dans le monde, je vous annonce une grande nouvelle : vous pouvez être un acteur hors pair ! Grâce au site Babyloan, qui est un site français, vous pouvez vous aussi prêter de l’argent pour aider des projets dans le monde. Ce sont toujours des petites sommes, car il ne faut souvent pas grand chose pour permettre à quelqu’un de lancer son activité : 10, 20, 30, 40 euros c’est déjà super. Les petits ruisseaux font les grandes rivières ! L’accès à des fonds plus importants restant le problème numéro 1 pour les IMF. 100% de votre argent vous est toujours rendu après le laps de temps nécessaire pour votre emprunteur. Vous pouvez alors décider de réinvestir cet argent dans un nouveau projet ou le récupérer. C’est génial non ?

Alors si vous souhaitez aider un fermier à acheter du matériel ou une famille à investir pour un filtre à eau, c’est par ICI.


Si l’on doit faire une critique du micro crédit, après 1 mois à le découvrir auprès de PANA PANA , je dirais que je suis un poil déçue du manque d’accompagnement dans la REUSSITE des projets . Evaluer l’argent nécessaire, débloquer les fonds, investir etc etc c’est vraiment très bien mais peut être que parfois, les emprunteurs auraient aussi besoin d’un petit coup de pouce pour faire encore mieux. La plupart d’entre eux n’ont aucune éducation, ils ne savent parfois pas lire ni écrire. Il semble alors difficile de les transformer en entrepreneurs brillants du jour au lendemain grâce à un prêt de 500$. Je ne dis pas qu’ils ne sont pas capables ou pas ingénieux (je répète que j’adhère à 100% au concept du « génie des pauvres ») , mais simplement qu’ils manquent de recul business sur ce qu’ils font . La majorité des projets réussissent, mais on a senti un énorme potentiel qu’ils n’imaginent même pas. Je m’attendais à ce que Pana Pana ait encore PLUS un rôle d’accompagnateur , de conseiller.


Les trucs cools

De manière générale, on peut dire que le Nicaragua c’était COOL : c’est un merveilleux pays , une destination parfaite pour un voyage , un savoureux mélange de paysages magnifiques , de culture passionnante , de villes coloniales chaleureuses , d’agitation et de bordel dépaysant et une population super accueillante. On comprend pourquoi il fait partie des TOP destinations secrètes à découvrir depuis ces dernières années. La photo c’était cool, quel bonheur de retrouver tous ces petits sourires joyeux à chacun de mes clics d’appareil photo. Quel bonheur de passer des heures dans les rues de Léon ou Granada à prendre en photos toutes leurs portes colorées. Découvrir une culture, les Miskitos , en totale immersion cela ne pouvait qu’être cool . Ah qu’est ce que j’ai aimé leurs petites cabanes sur pilotis ! Au delà du micro-crédit, se prendre pour des journalistes ce n’était pas si désagréable ! En mode , reporters sans frontières.


Les trucs nuls

Sans hésiter les moustiques. Ils sont en grande partie responsables de notre épuisement à Puerto Cabezas . Après cette année, on avait évidemment l’habitude de leur harcèlement quotidien mais pas au point de se couvrir de produit moustique le plus fort possible H24, oui H24, même en plein soleil par 33 degrés à 9h du matin. Le riz frijoles ad vita eternam c’était pas jojo non plus, vivement les gros burgers américains. Notre journée devant CNN après le match France-Allemagne c’était évidemment bien nul. Vous nous dites qu’on est bien mieux là où on est mais ce n’est pas facile d’être loin. Cela fait la deuxième fois cette année que je me dis que je n’ai jamais été aussi fière d’être française.


Une anecdote

Je crois que l’épisode de la soupe de poisson était une anecdote assez croustillante pour le mois non ?


Les sponsors du mois

Ce mois ci on a encore souhaité une multitude d’anniversaires, on a bu des coups à votre santé , on construit des gâteaux en sable, on a fêté Thanksgiving , on a dévalé un volcan en luge ( la vidéo ICI) et on a trouvé des sosies !


Un GRAND merci à Raphi, Sophinette , Amélie, Marine , Soaz et la famille Parmeggiani, Lola , Laetitia, Lolo , Simon et Marion, Delphine , Irma et Lumy pour votre soutien . Vous êtes les meilleurs !


Vive la vie !

#Nicaragua #bilan

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