La suite des aventures chez les Miskitos


Les jours se suivent et se ressemblent beaucoup ! Notre emploi du temps est rythmé par nos visites de clients et de repos à l’hôtel, pour soit éviter la chaleur écrasante, soit la pluie violente. Pas de juste mesure.


Cela fait maintenant 15 jours que l’on se demande si on a déjà vécu cette situation avant : être dans une ville qui ressemble plutôt à un village, loin de tout , mais VRAIMENT loin de tout , comme une île déserte , où il n’ y a rien à faire . RIEN. Il n’y a aucun bâtiment en dur en guise de magasin. Les quelques restaurants sont des tables rassemblées, comme ils peuvent, pour offrir toujours la même chose : riz/frijoles & co (ah non je suis méchante on a trouvé quelqu’un qui propose des pizzas, notre dîner 1 soir sur 2.) Bien sûr, quand tu habites au fin fond du Népal, ou de la Creuse, tu peux ressentir cette situation d’isolement. Mais ce n’est pas pareil : dans ce cas la, tu as la nature. La nature devient ta raison de vivre et ton principal divertissement. Peu importe si tu n’as pas de magasins de vêtements ou de restaurants, ce n’est pas important, car tu as une vue, la montagne, la mer, des cascades, la forêt, les plantations, les animaux, une rivière, le souffle du vent, la jungle blablablablabla.

Ici ce n’est pas le cas, la nature est laide.

Bien laide.

On a essayé de gratter pourtant, on s’est baladé, on a cherché les magasins, les restaurants, la rivière, la forêt, un marché accueillant, une petite place avec un banc pour s’asseoir ? Rien de tout cela. On est même allé voir le port, histoire d’être 100% sûrs que cette ville est un trou à rats. On y a trouvé des scènes surréalistes : le port est la principale activité économique de la ville mais on sait que ce n’est plus pour les bonnes raisons. La cocaïne est un fléau ici et je me fais crier dessus dès que j’ai le malheur de sortir mon appareil photo. Sommes-nous des journalistes américains venus dénoncer le trafic de cocaïne ? La pêche reste toutefois très importante mais elle est devenue bien dangereuse : la spécialité ici c’est la langouste. Au vu des prix démentiels auxquels ils les exportent, c’est un business juteux. Une centaine de pêcheurs meurent chaque année de cette pratique : ils doivent plonger à plus de 40m sous l’eau pour les cueillir à la main, et risquer à tout moment l’accident de plongée. Les bateaux les transportant, pendant 12 jours durant, sont d’immondes tas de ferrailles sortant tout droit des années 1900 ce qui en dit long sur l’état de leur matériel de « plongée ».