La surf attitude


Imaginez, j’ai entre 14 et 15 ans et j’ai du regarder au moins 50 fois le film Blue Crush. C’est l’histoire assez intellectuelle d’une blonde (…) hawaïenne, femme de ménage qui veut réussir dans le surf et devenir pro. S’ensuivent des rebondissements, absolument INEDITS et pas du tout attendus, pendant lesquels elle doute, rencontre le prince charmant , abandonne le surf pour finalement … gagner et devenir pro . Enfin bref, tout cela pour dire que le surf cela me fait rêver depuis pas mal d’années et je dois dire qu’en tant que Niçoise , je ne suis pas vraiment née au bon endroit. Pour Benoît, étant Breton, la vie l’a un peu plus gâté.

Des plages sublimes, des vagues parfaites, des cheveux blonds qui volent au vent…

Passer notre mois au Costa Rica au bord de l’océan, c’est un peu vivre mon rêve de surfeuse. Quand on ne travaille pas, on essaye de surfer le plus possible. Nos journées sont rythmées au fil des marrées et de recherche de bon spots. Je dois avouer que nous entendre dire « Ah les vagues cassent bien aujourd’hui » c’est tout de même le gros kiff. Notre peau est devenu plus halée, mes cheveux n’ont jamais été aussi blonds et on prend du muscle un peu partout !

On croise tous les jours tous les plus gros clichés que le surf peut produire : des mecs super musclés se baladant pied et torse nus, des bandes de surfeurs en moto ou scooter planche de surf sur le coté, des familles surfant tous ensemble de 4 à 40 ans avec tous la même chevelure blonde jusqu’aux fesses (garçons compris), des surfeuses taille mannequin qui passe leur journée dans l’eau pendant que leur bébés restent à l’ombre sous les palmiers.

Au delà des clichés, on doit avouer qu’il y a quand même des cotés incroyables de la « surf attitude » : vivre pour et avec la nature. C’est tellement bateau de dire cela que j’hésite à vous l’écrire, mais on doit avouer qu’on s’est totalement laissés charmer par le mode de vie à la « surfeur », au cœur de la nature. C’est vrai que tu n’as pas besoin de beaucoup d’autres choses quand tu peux aller surfer 1h avant d’aller travailler tous les matins , c’est relaxant tellement c’est épuisant .

LE SURF C’EST SACREMENT DIFFICILE !!!!!!!

Pour être très honnête effectivement c’est un beau cliché bien paradisiaque que je vous décris la, mais il n’est pas 100% réaliste. N’essayez pas, même pour une petite seconde, de nous imaginer sur des beaux rouleaux de 1 mètre à prendre de beaux tunnels.

Nous, on nous trouve sur la mousse en bord de plage. Le surf c’est génial MAIS QU’EST CE QUE C’EST DUR !!!! C’est un peu comme faire du ski … en devant remonter la piste, skis à bouts de bras, après chaque descente. Quand on regarde les surfeurs au loin, ils semblent flotter avec élégance sur des vagues qui les bercent délicatement. Quand on a la tête sous l’eau, les yeux rouges, la gorge brulée , les cheveux tout emmêlés , le nez qui ne s’arrête pas de couler, les genoux pleins de bleus , les mollets épuisés de lutter contre le courant, on se demande bien ce qui nous as pris de penser que le surf avait l’air d’être un sport relax.

J’avais fais un stage de surf pendant une semaine quand j’avais 18 ans dans le sud-ouest : 3h tous les matins, je dormais le reste de la journée pour m’en remettre . Au bout de quelques jours je réussissais à me lever mais à peine pour une demi seconde. Je dois avouer que le Costa Rica nous offre des meilleures conditions que le sud-ouest , avec des vagues plus longues et plus puissantes , et donc plus facile pour un débutant qui n’arrive pas à se lever en un millième de seconde comme les pros. Le piège est de penser que des petits vagues douces sont plus faciles, mais non, il faut tout de même un peu de puissance pour nous entrainer sans avoir besoin de pagayer comme un fou. En gros pour faire du surf il faut avoir de sacrés bras . Imaginez une planche en mouvement , absolument pas stable , qui avance sur l’eau et VOUS qui devez vous lever en étant allongé sur elle , RIEN QUE PAR LA FORCE DES BRAS !

On tombe, on se noie à moitié, on lutte pour sortir la tête de l’eau , on se reprend une vague en pleine face , notre surf part n’importe ou et nous menace de nous écorcher à tout moment . Alors on sort de l’eau et on se dit qu’on y arrivera jamais. Puis on y retourne , plus déterminé que jamais , pour à nouveau glisser , tomber, s’épuiser. L’océan te rejette avec force et te laisse seulement parfois, quand tu l’as mérité, embrasser les courbes parfaites de ses vagues. Et alors là … on comprend pourquoi le surf est une drogue !


Vive le surf !

#CostaRica

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