Vivre dans une favela !


Voilà maintenant plus de 4 semaines que nous habitons dans une favela de Rio. Enfin, je devrais plutôt dire une communauté car le mot " favela" est tellement négatif que cela ne s'emploie pas vraiment pour décrire où l’on vit.


Comme on vous l'avait expliqué au début de la mission, la "communauté" du moro de Cantagalo a été pacifiée il y a 2 ans maintenant en préparation des JO… car elle se trouve proche des zones touristiques d’Ipanema et Copacabana !


La pacification

​​On en a souvent rigolé pendant notre séjour, mais la « pacification » cela n’a rien de « pacifique ». Chaque coup de feu / pétard entendu devenant alors notre blague préférée : « AH … ils pacifient ! ».

Pour faire un petit topo, ce qui ronge le plus les favelas de Rio c’est évidemment la pauvreté mais aussi les cartels de drogue qui règnent en démons. Les armes et la drogue sont le quotidien de ces bidonvilles où les chefs ont tout pouvoir sur la communauté , faisant des milliers de morts chaque année et nuisant totalement à la réputation de la ville , qualifiée de très dangereuse. Il était impensable pour des policiers de pénétrer les favelas il y a quelques années, à moins de mettre en place un assaut, qui finissait généralement en tuerie. La population de ces communautés a tout bonnement été abandonnée par le gouvernement Brésilien depuis près de 30 ans.

Avec le mondial de foot de l’année dernière et les JO l’année prochaine, le monde entier a le regard rivé sur Rio et le Brésil. Les politiciens ont donc décidé de mettre en place un plan super costaud pour rétablir la « paix » et reprendre les favelas aux mains des dealeurs. La stratégie, plutôt bonne, est donc de dire : La police ne va plus faire des assauts 2 ou 3 fois par an pour attraper des dealeurs, mais elle va vivre à l’intérieur de la favela pour faire respecter l’ordre. Cela semble assez logique mais avant de pouvoir installer leur petit poste de police , pépouze en haut de la favela avec vue sur la mer , il fallait bien D’ABORD , faire le ménage . Et c’est là où c’est vraiment du n’importe quoi.