Benoit roule des mécaniques !


Allez, je me lance, voici mon premier article pour 1M1P ! Ce n’est pas évident de vous écrire après Clio, qui raconte si bien nos aventures, mais j’avais tout de même envie de partager avec vous le projet réalisé ici à Valparaiso, au sein d’un petit garage moto familial.


Alors que Clio avait décidé d’arpenter les collines de la ville pour y réaliser une série de photos, je cherchais pour ma part à découvrir la mécanique moto, puisqu’en attendant un futur tour du monde en deux-roues (Clio : C'est toujours une blague Maman) , je dois avouer que je n’y connaissais pas grand-chose…


J’ai donc rejoint l’équipe de LOPEZ Motos (Marco et son fils Omar), dans leur garage de Valparaiso. Cet atelier, qui se transmet de père en fils depuis sa création dans les années 40, est un endroit de passionnés. La famille bénéficie d’une bonne notoriété puisqu’ils ont gagné de nombreuses courses au Chili. En bref, tous les motards de la région connaissent Lopez Motos. Aujourd’hui, c’est un atelier modeste. Pendant la dictature de Pinochet, de 1973 aux années 1990, c’était une entreprise florissante puisque tous les militaires avaient l’obligation de rouler en moto. Une somme était prélevée sur leur salaire chaque mois afin de financer et entretenir les machines. Une vraie rente ! Autant vous dire que la dictature Pinochet, la famille Lopez n’a pas vraiment craché dessus…

Depuis, l’activité s’est tassé et Marco et Omar doivent trouver de nouveaux moyens de développer leur notoriété locale. C’est principalement ce sur quoi j’ai travaillé avec eux lors de ce mois, tandis qu’ils m’apprenaient les classiques de la mécanique, de l’entretien courant aux pannes plus compliquées.


J’ai beaucoup aimé cette expérience, car au delà des enjeux de la mission, j’ai découvert un univers très différent de ce que je connaissais (Clio : A lire entre les lignes = J'ai adoré les posters de femmes nues.) ! En France, l’univers de la moto ( enfin surtout à Paris) est de plus en plus « hipster », c’est tendance, c’est cool. On veut acheter une moto ancienne, la retaper, puis montrer que l’on a une belle moto. Au Chili, c’est très différent. La moto est avant tout utilitaire. Les chiliens achètent une moto dont la qualité principale est d’être la moins chère possible (d’où le succès des motos chinoises) et ils font l’entretien « quand ils ont le temps ». Le travail du garagiste est donc bien loin de notre tendance de préparation / embellissement, c’est davantage un métier de proximité avec des clients dont les carcasses tombent en panne toutes les semaines. La plupart des motards viennent pour des interventions basiques d’entretien courant.


Un des enjeux principaux de LOPEZ Motos est de faire savoir que les motards de Valparaiso, qui ont une belle moto, n’ont pas besoin d’entretenir leur monture à Santiago, la capitale. De manière générale, il faut savoir que le Chili est extrêmement centralisé, c’est une spécificité que nous aurons découvert ce mois-ci. Dans la majorité des domaines, il faut se rendre à Santiago : entreprises, santé, éducation, etc. Ce n’est pas exagéré : le pays s’étend du Nord au Sud sur plus de 4 000 kms mais 90% de la population vit dans le centre du pays. C’est donc un réflexe pour les chiliens d’aller à Santiago dès qu’ils sont à la recherche d’une expertise particulière, dans n’importe quel domaine. Nous avons travaillé la dessus pour mettre en avant l’expertise du garage et pas simplement sur l’entretien des motos chinoises.Je travaillais le matin sur tout cela , et l'après midi je les "aider" sur les réparations.


Le garage, c’était aussi et presque surtout de très bons moments en dehors de l’atelier, puisque mes hôtes étaient ravis de me faire découvrir les spécialités locales ! Eux qui normalement faisaient du vélo pendant leur pause, se sont retrouvés au restaurant tous les midis, « il faut goûter ceci, il faut goûter cela »… l’apothéose a été partagée avec Clio lors d’un barbecue Sud-Américain chez Marco, le patron, d’où nous sommes repartis repus pour les trois jours suivants ! On vous laisse apprécier la photo ! (Clio : A lire entre les lignes = on a l'impression qu'ils ont beaucoup travaillé depuis les restaurants...)


Enfin, ce mois chez les mécanos, c’était aussi découvrir que Marco et Omar étaient témoins de Jéhovah, quelle surprise ! Alors que Clio et moi-même connaissions si peu les théories et pratiques de ce mouvement, qu’honnêtement, nous aurions plutôt tendance à éviter, nous avons découvert des gens adorables, profondément altruistes. Avec certes, quelques principes qui nous sont étranges, mais des gens pas si « bizarres » ! J’ai même pu participer à une réunion des témoins de Jéhovah (Clio : Ahaha), ces gens tirent une force impressionnante de leur croyance ! On ira finalement pas plus loin sur ce sujet, mais on a encore pu se rendre compte que 1M1P, c’est vraiment apprendre à s’ouvrir à l’inconnu, et on aime ça !


Comme dirait quelqu’un que je connais, vive la vie !


Benito

#Chili

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