Plush and play : la sucess story d'un français


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Au fur et à mesure de mes journées à la ferme, je passe du temps avec les GK members et je rencontre les entrepreneurs. Ce qui m'a frappé en arrivant ici, c'est la différence d'horizons. On pourrait croire que la ferme incube uniquement les projets de l'élite philippine sortie des grandes écoles. Mais non. C'est une plateforme très internationale et en même temps profondément locale et enracinée dans la culture philippine. Un des mes business préférés à la ferme, est celui de Plush and Play, l'entreprise de Fabien. Un français.


Tout commence avec une histoire de bambou

À l'époque, il y a 4 ans, Fabien est un jeune français d'une vingtaine d'année en master 1 à l'IAE de Grenoble. Il doit réaliser un stage de master et c'est l'entrepreneuriat qui l'intéresse. Mais il souhaite voyager. L'Asie du sud l'attire car " cela a l'air cool”. Il tombe alors complètement par hasard (comme quoi le destin) sur cette offre de stage d'entrepreneur social aux Philippines, dans la nouvelle Silicon Valley du social business. Il se dit que l'intitulé à l'air super sérieux et que l'école achètera à 100% ce stage " d'entrepreneur”. Une fois sur place, la désillusion est totale. Bien sûr, il débarque dans la nouvelle Silicon Valley de l'entrepreneuriat social, sauf qu'il a 4 ans d’avance. Il n'y a rien à part de la boue et quelques maisons. Son stage consistera alors à construire des routes et des bâtiments pour bâtir ce que la ferme est aujourd’hui. Après cette immersion de plusieurs mois, il dresse un triple constat :

- la ferme se veut une destination familiale pour découvrir l'entrepreneuriat social mais il n'y a aucun business qui propose des choses pour les enfants,

- 90% des jouets aux Philippines sont importés et 80% sont fabriqués à partir de composants toxiques. Ces jouets n'ont d'ailleurs aucun lien avec la culture philippine et n'aident donc pas à la valorisation de l'identité culturelle,

- Il y a de nombreuses compétences dans la communauté qui sont inexploitées : le père de sa famille d'accueil est charpentier mais il n'utilise pas son savoir-faire faute de travail, tout comme la dextérité en couture de la mère.


Fabien parle alors de tout cela à Tito Tony pour lui donner une idée de création d'entreprise avant son départ. Tito lui réponds alors : " si tu ne le fais pas, qui le fera ? “. Voilà tout simplement comme une petite idée a changé sa vie. Il décide alors de rester sur place pour monter la première entreprise de jouets en bambou des Philippines. L'IAE de Grenoble ne soutient absolument pas sa décision et lui refuse la validation de son master avec des cours à distance. Fabien ne sera jamais diplômé. Cela ressemble à une histoire idyllique et facile sur le papier.