Bilan Hong Kong


Les cousines !

Hong Kong a été une belle parenthèse : une parenthèse de confort, de petits moments familiaux mais aussi une très belle découverte.


Ce que j’ai appris : Comment je vois la vie maintenant ?

J’avais décidé de venir à Hong Kong notamment pour voir ma famille qui y habite depuis 8 ans. Ma tante y montant son business à destination des expatriés, je pouvais alors l’aider à développer son concept (des voyages en immersion dans la culture chinoise pour ceux qui ne suivent pas).


Ma mission a été principalement tournée vers la mise en place « d’outils » et le renforcement de la structure de fonctionnement. Ma tante est professeur de chinois et n’a donc pas vraiment un background business. Je l’ai aidé à mettre en place des outils lui permettant de passer à la vitesse supérieure, à préparer son développement.Aujourd'hui, sa clientèle est uniquement composée d’expatriés du lycée français, car elle est en contact directement avec eux. Étant professeur de chinois, elle est naturellement la meilleure interlocutrice pour proposer des séjours en immersion dans la culture chinoise. L'objectif est de pouvoir élargir cette cible à tous les expatriés car il y a un potentiel en dizaines de milliers de personnes .Elle fait face à trois enjeux :

- Structurer son organisation, elle ne peut pas développer sa taille de clientèle si elle n'est pas capable de répondre à davantage de demandes. Dans la pratique, elle peut envoyer des centaines de clients en excursion mais cela demande un lourd travail opérationnel (et notamment administratif). Étant donné qu'elle travaille en parallèle, il faut qu'elle parvienne à trouver des astuces pour augmenter sa productivité. La plupart des outils que j'ai mis en place l'ont aidé dans ce sens.

- Adapter son offre : renforcer le suivi pédagogique afin de devenir le meilleur institut d'enseignement de mandarin (et répondre à la demande de parents très exigeants) tout en proposant des expériences complémentaires totalement inédites, des immersions originales et ludiques (par exemple chez des moines ou des communautés ethniques).

- Gagner en notoriété pour toucher les expatriés au sens large et non pas uniquement la cible française, sans vraiment investir dans un plan de communication.


Ce dont j'ai pris conscience durant ce mois, c'est la facilité avec laquelle je sais organiser mon travail. Et à quel point j'ai été armée pour cela. J'ai appris avec ma classe prépa à gérer une multitude de tâches, très vite. Ce sont des compétences que l’on développe également en école, puis en entreprise. Ma tante ne vient pas de ce milieu, c'est donc bien plus difficile pour elle d'organiser des listings sur Excel qui lui permettraient de mieux suivre son business. Cela en devient même une corvée et une tâche très chronophage. J'ai alors pris conscience de l'importance énorme des hardskills dans une carrière : quand tu les as acquis tu ne te rends même plus compte à quel point tu serais pénalisé si ce n'était pas le cas. Je me suis aussi rendu compte que je ne suis CLAIREMENT pas encore prête pour être ma propre chef. J'ai besoin de l'interaction en continue avec des collègues. J'ai besoin de me sentir appartenir à quelque chose de plus gros, un mouvement collectif. Travailler seule, de chez soi ou à la bibliothèque n'est pas quelque chose qui m'épanouit car je n'ai pas l'impression de progresser au contact de l'autre. En revanche, il y a des milliers de chose à faire pour répondre à la demande des expatriés. C'est une démarche super dynamique. J'admire vraiment ma tante qui a su monter quelque chose d'unique et de super solide. Elle aurait très bien pu se contenter de rester dans son job confortable de professeur. Mais elle a su saisir l'opportunité qui s'offrait à elle. Sans trop se poser de questions car il n'y avait aucun investissement de départ. Donc pas trop de risques. Elle a essayé, en tâtonnant, en prenant la température. Puis l'effet boule de neige s'est enclenché et je suis certaine qu'elle a le potentiel pour devenir LA référence pour les expatriés de voyage en immersion.

Sans le savoir, elle participe également à un changement social : elle permet à la jeunesse dorée HongKongaise d’expatriés de sortir de leur malls, de leurs taxis payés par papa et maman pour aller à l’école, de leur quotidien rythmée par les helpers qu'ils côtoient plus que leurs parents, de leur bulle dorée dans laquelle la plupart poursuivront leurs études dans des prestigieuses universités américaines. Elle leur permet de voir autre chose que des piscines dans les hôtels de luxe : voir la vraie Chine, celle qu’ils n'ont jamais vu après des années de vie d’expatriés. Voir le monde pour mieux le comprendre. Mais depuis la rue et pas de la fenêtre du taxi.


Comment je vois la vie maintenant ? Comme une succession d'opportunités qu'il faut saisir avec autant de courage et de spontanéité que peut le faire ma tante. Tu ne peux pas savoir tant que tu n'as pas essayé.


Les moments cools

J'ai adoré Hong Kong. J'ai aimé sa folle grandeur et ses buildings dans les nuages. J'ai aimé ses rooftops et ses vues à couper le souffle. J'ai aimé sa nature verdoyante et ses plages paradisiaques improbables. J'ai aimé son esprit branchouille et ses petites ruelles bobo remplies de bars et restaurants du monde entier. J'ai aimé ses temples traditionnels nichés au cœur des grattes ciels. J'ai aimé son tramway et me laisser ballotter de gauche à droite tout en rêvassant. J'ai vraiment aime sa qualité de vie et les moments cools de ce mois étaient toutes les fois ou je suis partie à sa découverte. Mais c'était aussi beaucoup de petits moments simples de la vie en famille. Se retrouver à chaque repas autour de la table et se raconter notre journée. Les règles de la vie quand tu es un enfant de 7 ans et que tu dois te coucher tôt. Les négociations pour regarder un film quand il n'y a pas classe le lendemain. L'heure du goûter où tu engloutis clairement 20kg de nourriture pour finalement dire que tu n'as plus faim à l'heure du dîner (bizarrement ce sont des légumes). J'avais oublié ce que c'était le goûter. On adore le goûter. Les moments cools de ce mois c'était aussi toutes les vannes que mon oncle lançait à ses filles et qu'elles prenaient toujours au premier degré. On n’a vraiment pas d'ironie quand on est un ado. C'était cette balade à vélo au bord de la mer à Shenzhen. C’était me faire battre au 50m crawl par ma cousine de 12ans. C'était ma réconciliation avec la nourriture chinoise grâce à tous les superbes dim sum que j'ai mangé.


Les trucs nuls

Les chinois. Je n'ai pas trop changé d’avis. Les HongKongais m'ont paru encore plus arrogant et fermé que les Pékinois. Quand il pleut, tu te dois d'être super vigilant au risque de te faire percer l'œil par un parapluie. Dans la rue, ils te bousculent ou te marchent sur le pied sans te prêter un regard. Mais encore, cela, on peut l'attribuer à nos différences culturelles de règles de politesse. On leur pardonne. En revanche quand un taxi ne t'écoute pas quand tu lui demande d'attendre le deuxième taxi juste derrière pour ne pas perdre ta famille car ils n'ont pas de téléphone. Ou alors quand un taxi te dépose au milieu d'un quartier sans même chercher à comprendre ou tu voulais aller, ni même t'aider à trouver la bonne adresse, j'ai un peu plus de mal. Je n'arrive pas à percer leur carapace. Ils sont trop fermés, froids, désintéressés. Pire, ils ont l'air malheureux. Il faut vraiment que j'aille découvrir la Chine rurale pour me faire une meilleure idée de l'hospitalité chinoise.


Une fierté

Je me suis faite tatouer.


Une anecdote

Ce mois ci j'ai continué la boxe. J'ai tellement accroché (pour ne pas faire de jeu de mot burlesque) au Cambodge que j'ai eu envie de continuer. Sauf que cette fois, c'était à la mode chinoise. Les premières séances cela allait car j'étais avec d'autres personnes. J'ai assez vite remarqué que c'était des gros bourrins étant donné mes poings gonflés et bleus à la fin de chaque séance. Cela me réveillait la nuit tellement cela me lançait. C'est le métier qui rentre. Les dernières séances étaient assez mythiques. J'étais seule. Cours particulier. Je peux vous dire qu'avec un prof chinois cela ne rigole pas (mais vous pouvez très bien l’imaginer). J'aurais tellement aimé parfois pouvoir filmer ces scènes surréalistes de moi allongée par terre sur le tapis, avec le chinois étendu de tout son corps sur moi (on se rappelle qu'ils sont petits), essayant de faire des abdos très bizarres ou à chaque fois que je descend il me frappe le ventre ou le dos avec ses gants. C'était étonnant. Ou encore ces scènes ou il essaye de me rendre plus souple en me bloquant le corps et me tirant comme un chewing-gum (mes cris étant vains). J'avais l'impression d'être dans un vieux reportage de JPP au 13h dans les années 1990 " Ces enfants chinois martyrisés pour la gymnastique aux JO".


La solitudine (La solitude selon la célèbre chanson de Laura Pausini, car je crois que vous ne l’aviez pas)

My office

J'avoue que ce mois ci a été un peu plus un mois de solitude. Je retrouvais ma famille le soir mais la journée je bossais seule, de leur appartement ou de mon " office " à la bibliothèque d'Hong Kong. Malgré la vue à couper le souffle, j'avoue que le silence mortuaire de la salle de travail (vous savez que cela ne rigole pas avec les chinois) à finalement eu raison de moi. Mon open sace bruyant m'a manqué.


Les défis et les micros sponsors du mois

Ce mois ci, j’ai étonnamment bu beaucoup de coups (J’avoue que cela reste des défis faciles pour moi), j’ai souhaité des anniversaires depuis des plages ou des grattes ciels et j’ai continué à chercher des copains sosies.

Merci à Karine, Clem Bat, Mathilde, Lise, Benou le roi des choux, Marion et Simon et tata Suzanne pour leur précieux soutien ! Vous êtes au top !


Le mot de la fin

"En plus Benoit il est vraiment trop mignon avec sa petite mèche”. Estelle. 7 ans.


See you in Philippines !


#hongkong #bilan

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