Bilan du Cambodge : Un mois d'avril comme à la maison !


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Mon mois au Cambodge a été comme un grand bol d’air frais. Vous l’aviez bien compris, je n’étais pas vraiment au top de ma forme après la Birmanie (malgré mon énorme coup de cœur pour le pays). On peut dire que pour le Cambodge c’est un peu l’inverse. Je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir découvert le vrai visage du Cambodge (Siem Reap restant une ville très touristique) mais j’ai adoré mon mois ici. En grande partie grâce à ma mission.Le bilan est un peu long mais c’est parce que je ne vous ai pas raconté grande chose ce mois ci.


Ce que j’ai appris : Comment je vois la vie maintenant ?

Que suis-je venue chercher au Cambodge ? Je dois avouer qu’initialement j’ai choisi le Cambodge pour découvrir un des plus grands projets de social business du fond Danone Communities, avec 1001Fontaines. On m’a également toujours dit que les cambodgiens étaient un des peuples les plus sympas d’Asie. C’était le combo parfait.

Finalement quand j’ai été mise en relation avec Vincent, un ancien de Danone qui travaille sur 1001 Fontaines, il a donné un tout autre sens à ma mission. Il m’a proposé de l’aider sur un de ses projets personnels avec l’ONG de L’école du Bayon. Je connaissais déjà l’ONG via une ancienne de Danone qui avait réalisé un tour du monde pour récolter des fonds pour les aider (un super projet appelé We Like The World).


Je ne savais pas grand chose de ma mission avant d’arriver : je savais que c’était un programme de formation en pâtisserie pour des jeunes filles défavorisées et que pour les aider à financer le programme ils avaient ouvert un coffee shop. Ma mission était d’aider à « marketer » le coffee shop.

Cela paraît anodin vu de l’extérieur, mais c’est un projet énorme. Dès les premiers jours de ma mission j’ai été impressionnée par l’ampleur de la tâche. L’équipe a du trouver un terrain , construire une maison ( vous savez construire une maison sur 3 étages à l’autre bout de la planète vous ? ) , recruter des filles motivées et sérieuses ( ce qui est difficile car les familles sont méfiantes de les laisser partir , c’est également un vrai manque à gagner pour eux ) , trouver des chefs pâtissiers khmers reconnus qui puissent assurer la formation , trouver des stages rémunérés pour les filles dans les plus grandes cuisines . Enfin bref, un vrai gros chantier ! Nous sommes en Avril, cela fait déjà 8 mois que l’école tourne et que les filles sont formées.


Mon petit rôle dans tout cela a été de trouver comment mieux vendre les gâteaux. D’un côté sur la partie communication : comment faire connaître le coffee shop pour que les touristes et expatriés y viennent. Puis de l’autre, comment vendre plus là où les gâteaux sont déjà présents et être référencés dans de nouvelles boutiques.

Je n’ai pas besoin de m’étendre énormément sur ma mission parce que je pense que vous comprenez ce que je faisais. J’ai fait un audit de ce qu’ils faisaient, de ce qui était bien, moins bien. J’ai fait des propositions pour améliorer, ce que je pensais qui serait pertinent pour faire décoller le business.

Ce qui a été le plus challengeant pour moi n’était pas le contenu de la mission, il y a plein de choses à faire, je n’ai pas manqué d’idées et de recommandations. Bien sur j’ai découvert un nouveau marché, l’industrie touristique, c’est quand même autre chose que les yaourtsJ. Bien sûr on est au Cambodge et le marketing ne se résume pas à acheter des espaces publicitaires en y mettant une belle fille. Il se résume plutôt à payer des petits mecs dans la rue à porter ton panneau d’affichage ou à te faire venir des clients. Non, le plus challengeant a bel et bien été de trouver ma place au sein de l’association. Ce n’est pas évident de débarquer pour une si courte période et d’appuyer là où cela fait mal. Je n’avais absolument pas envie que l’équipe sur place soit vexée par mes remarques. Dans ce genre de mission on remarque évidemment beaucoup plus tout ce qui peut être amélioré. Ce n’est pas qu’on ne remarque pas le bon travail, c’est qu’on cherche à toujours mieux faire. J’étais donc, au début, assez mal à l’aise, je devais trouver ma place et ma manière à moi d’aborder la chose. Ce n’est pas une mission rémunérée contre laquelle on attend un service. C’est moi-même qui me suis portée volontaire, ils n’ont pas besoin de moi pour fonctionner.

Ma chance a été que l’équipe est super et très ouverte. Je les remercie encore très chaleureusement s’ils lisent ces quelques lignes. J’ai donc appris à gérer une nouvelle fois le stress qui aurait pu émaner de cette situation. J’ai appris à adapter mon discours et mon travail pour mes interlocuteurs. J’ai appris à contrôler le monstre PowerPoint qui habite en moi. J’ai appris à travailler dans une petite structure ou l’informel est bien plus important que le formel (qui est la plupart du temps inadapté). J’ai également effleuré du doigt la satisfaction que cela peut apporter de travailler pour changer la vie d’autres personnes.J’ai confirmé ma grande certitude : je veux faire du business. Mais du business qui impacte le changement social.


J'en profite pour vous dire que si vous souhaitez aider l'ONG de L'école du BAYON ( l'école primaire dans les temples) ou l'école de pâtisserie , c'est par ICI. Ils sont en pérpétuel recherche de parrains . Vous pouvez parrainer des scolarités :)


Ma mission a tout de même été complétée par une journée de découverte de Teuk Saat à Phnom Penh. C’était super intéressant ! Contrairement à ce que l’on peut souvent penser, Danone communities n’est pas une équipe qui gère des projets de social business. Danone communities est un fond d’investissements dans des projets de social business. C’est quand même très différent. Alors bien évidemment il y a de l’apport d’expertises et de compétences. Mais les business n’appartiennent pas à Danone et restent indépendants.


Teuk Saat est un modèle du tonnerre. C’est un cambodgien qui a voulu déployer un vieux système français de traitement agricole de l’eau.

« Nous buvons 90% de nos maladies » comme le disait ce bon vieux Pasteur. L’accès à l’eau est désormais possible dans beaucoup de zones rurales. Mais quelle eau ? Celle de la mare ! L’eau est la première cause de maladie et de décès des populations en zone rurale. Teuk Saat fournit donc une eau traitée et bonne pour la santé des communautés.

Le problème est bien évidemment le coût : ils ne peuvent pas se permettre de dépenser beaucoup d’argent dans des bouteilles d’eau. Il fallait alors produire cette eau au coût le plus bas et donc le plus proche d’eux (ce qui réduit le coût de distribution). Teuk Saat a donc installé des stations de traitement de l’eau directement dans les villages.

L’eau produite localement est également distribuée localement via des micro entrepreneurs : Un entrepreneur se voit confier une station, il doit s’occuper de la mise en bouteille et de la distribution dans sa communauté. C’est un modèle très malin car cela permet d’être directement intégré dans les communautés (la personne en charge étant généralement connue dans le village) et donc d’avoir une meilleure équipe de vente. Cela permet ainsi d’avoir un meilleur empowerment : s’ils ne vendent pas, ils ne gagnent pas d’argent. Ils ne sont pas employés, ils n’ont pas de salaire. Le modèle peut être déployé à grande échelle, il suffit de construire des stations de traitement.

Mais les enjeux sont tout de même énormes. Il faut que les micro-entrepreneurs soient bien formés et soient capables d’appliquer des principes simples de vente et de marketing. Ce qui n’est pas évident. Par exemple il est très difficile de les empêcher d’avoir plusieurs activités professionnelles en même temps. C’est très culturel. Comme tout business, maintenant que le modèle de production et de distribution tient la route, il faut développer la marque auprès des consommateurs. Le plus grand défi reste l’éducation : ils doivent comprendre pourquoi il faut payer pour avoir de la bonne eau. D’un point de vue business model, l’enjeu reste l’investissement important que demande chaque station (ce qui sous-entend d’avoir de la trésorerie !).

C’était super de découvrir tout cela. Même si c’était court. Je me nourris de tout ce que je peux !


Les moments cools

Bayon Pastry School

J’ai aimé les sourires des filles tous les matins au petit déjeuner et leur manière de m’appeler : CLI-O avec toujours un espace entre le CLI et le O. J’ai aimé travailler pour une ONG qui défend une belle cause et qui change concrètement les choses. J’ai aimé donner de mon temps pour quelque chose auquel je crois. J’ai aimé apprendre à travailler dans une petite structure où il n’y a pas besoin de faire un PPT de 100 slides pour convaincre ton boss que ton idée peut éventuellement être une bonne idée.

J’ai aimé retrouver un lit qui était le même tous les soirs. J’ai aimé travailler à nouveau dans un open space et faire partie d’une équipe. J’ai aimé mon équipe et toutes les belles personnes que j’y ai rencontrées. J’ai aimé pervertir une nouvelle fois mes collègues grâce à Page P***. J’ai aimé vivre le nouvel an Khmer dans les temples d’Angkor. J’ai aimé revoir mes copains Steph et Marco de Kolkata. J’ai aimé être en coloc avec une meuf cool, qui portait elle aussi un prénom bizarre, et qui était capable de me demander si j’étais heureuse quand je mangeais mes cornflakes. J’ai aimé jouer au poker avec les expatriés. Gagner puis perdre. J’ai aimé les cocktails à 2 dollars voir moins et toutes les folles soirées de Siem Reap. J’ai aimé la tête de Marie le lendemain de cette fameuse soirée. J’ai aimé le X bar et sa rampe de skate (c’est tellement cool un half pipe sur un bar en roof top). J’ai aimé les rires médusés et dégoutés des filles quand elles me regardaient manger une tomate crue (quelle immondice). J’ai aimé l’accueil qu’on ma réservé et le super gâteau d’au revoir des filles. J’ai aimé chaque moment avec Aleak, le meilleur chat du monde, que tu peux lancer en l’air tel Simba. J’ai aimé la boxe et toute la sueur qu’on y a extériorisé. J’ai aimé OITNB (?) pendant ce mois d’avril. J’ai aimé vivre à vélo et sentir l’air frais dans mon cou : J’aimais me sentir libre pendant ces moments précis.


Les trucs nuls

Vomir toute mon âme le premier jour c’était franchement nul. Devoir sentir l’odeur de poisson pourri dans l’armoire, tous les matins, afin de pouvoir récupérer ma tasse à café c’était ignoble (globalement, les khmers aiment bien laisser dans les armoires du poisson cru ou cuit). Se faire voler notre vélo c’était nul (merci le retour à 2 sur un vélo au milieu de la nuit). Les fourmis c’était nul ; saviez-vous que le Cambodge est envahi de fourmis ? Voir Aléak chopper des oiseaux et des lézards et jouer avec jusqu’à leur mort, c’était sale. Vilain chat. Les journées à 45 degrés c’était dur. Devoir dire au revoir, c‘était encore une fois super nul.


Une fierté

Je ne sais pas trop de quoi je suis fière ce mois-ci. Je dirais que je suis fière de pouvoir être moi même. J’ai longtemps eu besoin de beaucoup de temps avant de bien m’entendre avec quelqu’un. Comme si j’avais besoin de d’abord comprendre ce qui est important pour cette personne afin de pouvoir m’adapter. Ce n’était pas du tout le cas ce mois ci. Comme si je connaissais mes collègues et les expats depuis toujours. Je suis fière de pouvoir être désormais moi même dès la première seconde de mes rencontres. Et de me sentir bien comme cela.


Une anecdote

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Je vous ai déjà parlé de mon épisode loose du mois avec le « fameux » verre d’eau. Je peux également vous parler d’Aleac et de sa passion pour la chasse aux lézards. Je pourrais vous dire qu’il a adoré en tuer un au milieu de mes habits mais l’histoire n’aurait pas vraiment de chute. Alors je vais vous raconter comment un soir j’ai été dégoutée à vie des lézards. Je m’en allais faire un câlin à ce chat si mignon, si gentil, si parfait. Je le vois arriver dans le couloir, je le prends dans mes bras, le lance un peu en l’air, je l’embrasse sur le cou et le sert fort contre moi. Je l’enlace telle une peluche avec ses petites patounettes au dessus de mes bras. Et c’est à cet instant que je sens une masse gluante dans mon cou. Il a jugé opportun de m’offrir en cadeau, en guise de preuve d’amour, le lézard mort qu’il avait dans la bouche.

D’ailleurs cela me fait repenser à cette scène incroyable : on est au restaurant avec Marie. Un restaurant khmer local. Marie à l’air heureuse. On regarde la carte tranquillement. On sirote un bon verre d’eau .Il y a de la musique khmer en musique d’ambiance et on entend l’agitation de la rue. Quand tout à coup, un lézard, un lézard sûrement très courageux, décide de se lancer dans le vide. Il atterrît dans les cheveux de Marie. Mais pas n’importe comment. Il est pendu à ses cheveux juste à coté de son menton. Il est agrippé avec ses 2 petites pattes. Marie garde son sang froid mais ne peut pas s’empêcher de se lever et de secouer sa tête le plus frénétiquement possible (habituellement ce mouvement aurait du être accompagné d’un cri horrifié). Je suis assise en face et je regarde cette scène se déroulait d’un air incrédule, comme si le temps s’était arrêté pour que je puisse profiter d’un ralenti jouissif: Marie est débout, secouant sa tête, le lézard, tel Tarzan accroché à ses longs cheveux noirs. Plus elle secoue la tête, plus le gecko se balance loin. Quelle rigolade.



La solitudine (La solitude selon la célèbre chanson de Laura Pausini, car je crois que vous ne l’aviez pas)

Pas de solitude ce mois ci ! Vous me manquez moins et je suis reboostée pour la suite.


Les défis et les micros sponsors du mois

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Ce mois d’avril était encore bien rempli de sponsorings ! Vous êtes tellement au top !

Ce mois ci j’ai souhaité des anniversaires depuis les temples, j'ai été accompagné du chat, de têtes de cochons morts ou j’ai encore fait des vidéos d’anniversaires en soirée.

J’ai également mangé une gambas, une mygale, une grenouille et du crocodile pour mon plus grand plaisir. J’ai accroché des poissons d’avril sur des enfants et j’ai du trimballer des œufs de Pâques sous 45 degrés. Mais je me suis également incrustée à un mariage cambodgien lors duquel je suis restée dans la chambre de la mariée pour l’aider à changer de robe.

Alors un grand MERCI à David , Karine , Papa et Maman , Florence , Jeanne –Marie , Thomas & les Parmeggiani , François et la team ANICES, Laura et Mathieu , Eric et Monique (désolé mais je ne peux toujours pas manger de crustacés), Loulou , Sophinou , Hélène Le Person, Nico Papayou et Julien mon préféré !


Si vous souhaitez vous aussi me lancer un défi et m’aider à sponsoriser une journée de voyage, c’est par ICI.


Le mot de la fin

On ne change pas, on met juste les costumes d'autres sur soi.

On ne change pas, une veste ne cache qu'un peu de ce qu'on voit.


Vive la vie !

Rendez vous à Hong Kong pour la suite des aventures (et une grosse claque culturelle à mon avis).


#bilan #cambodge

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Un tour du monde avec du sens !