La suite des rencontres birmanes !


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Durant ce mois en Birmanie, je suis un peu comme Tom Sayer avec son baluchon : je vogue de ville en ville à la rencontre de ceux qui donnent du souffle à la Birmanie.

Le vent du changement !

Cette mission est difficile. Cela demande de la préparation pour chaque journée : trouver l’ONG ou l’entreprise, comprendre, contacter, expliquer, insister, se déplacer, attendre, revenir deux ou trois fois. Cela demande de la flexibilité, de rogner sur son confort, d’accepter le rythme infernal du vagabondage. Mais les rencontres sont toujours à la hauteur !

En voici un petit aperçu (en fait, plutôt un très long aperçu, désolée, mais j’aime bien vous raconter tout cela).


Good Shepherd Sisters : Vocational training center

C’est dingue comme beaucoup d’instances religieuses sont à l’origine de grands projets en Birmanie, notamment catholiques (alors que le pays est à 89% bouddhiste). Nous (avec mon ami Kris) avons rencontré les Good Shepherd Sisters à Mandalay (qui est une congrégation française tout de même !). Ces sœurs, avec l’aide de l’ONG People in Need, essayent de construire un avenir pour les enfants des rues et les femmes exclues de la société parce qu’elles ont été longtemps battues ou qu’elles sortent de prison par exemple. On est allé à la rencontre d’orphelinats ou d’ONG qui essayent de donner une éducation aux enfants. Ce que font les sœurs avec leurs différentes maisons à Mandalay est différent : elles créent des « vocational training center ». C’est bien beau d’apprendre à des enfants ou à des femmes qui sont totalement hors du système éducatif classique (du fait de leur situation) comment parler anglais ou faire des maths. Mais ils ont besoin de plus que cela : apprendre ou réapprendre à avoir confiance en eux pour trouver leur vocation.

J’aime ce mot. La vocation.

Le système éducatif birman est une catastrophe. La catastrophe est encore plus grande avec des profils tels que les enfants des rues, les adolescentes battues ou les femmes droguées. Les sœurs leur apprennent donc à trouver leur vocation et elles leur apprennent à obtenir les compétences adéquates. Elles forment elles mêmes les élèves ou elles demandent l’intervention d’un expert extérieur. La plupart des élèves et des femmes repartent des maisons en ayant une qualification et un savoir faire, à priori, reconnu par les entreprises locales. Ils apprennent par exemple à tisser le tissu pour travailler dans les usines de textile, ils apprennent également à cuisiner ou à faire du pain et des gâteaux avec un pâtissier de la ville qui les aident. C’est un peu comme un centre de formation professionnelle comme le CFA ou le BEP en France. Il y a un apprentissage par la pratique du métier. Ce qui est super dans leur travail c’est l’accompagnement jusqu’au bout de la démarche : elles aident les étudiants à trouver du travail avant de quitter le centre. Les enfants devenus adolescents et les femmes peuvent alors retrouver une autonomie financière leur permettant de voler de leurs propres ailes. Pour le moment les sœurs n’ont