BILAN NEPAL : Hors du monde , hors de moi


IMG_6324.jpg

C’est la fin du deuxième mois et donc l’heure du petit bilan mensuel.


Ce que j’ai appris : Comment je vois la vie maintenant ?

Que suis-je venue chercher au Népal ? Une expérience spirituelle au cœur de la nature. Hors du monde. Après s’être occupée des autres, je voulais m’occuper de moi.Du trek dans les montagnes tibétaines à l’apprentissage de la méditation VIPASSANA, je pensais que ces deux expériences seraient similaires, un certain retour aux sources.Elles ont pourtant été si différentes. Le trek a été un défi sportif intense, un affrontement brutal avec la violence de la nature, beaucoup de rencontres bouleversantes mais au final une solitude déprimante. La méditation a été, à l’inverse, un emprisonnement pur et dur, bien loin de l’air des montagnes, une activité physique digne d’une limace, un isolement mental bien plus strict qu’en prison, seule. Pourtant, cela ne m’amènera jamais à la solitude, bien au contraire.Quand je regarde le mois qui vient de s’écouler, je me dis que je repars avec un nouveau sac à dos inattendu : Mon petit baluchon VIPASSANA. Je ne m’attendais pas à accrocher autant avec cette technique de méditation. C’était de la curiosité. Mais je savais que j’en avais besoin. Ma vie parisienne n’était qu’une projection de choses à faire. Le temps de rien. Le temps de tout, sauf de prendre du temps.


Pendant ce mois, j’ai appris que ma plus grande force résidait dans mon esprit. Je peux gravir des sommets, je peux rester assise des heures sans bouger, sans parler, sans manger. Je peux ignorer la douleur qui me tord le ventre. J’en suis capable. Mais pas parce que mon corps le veut, mais parce que mon esprit est fort. Il est fort et j’ai appris à le maitriser. J’ai appris à prendre conscience de mon corps dans la réalité de chaque moment. J’ai appris à vivre dans le moment présent, réellement et pas juste en intellectualisant ce concept. J’ai appris que le bonheur consiste à trouver sa paix, son harmonie, sa vérité, en étant qu’amour et compassion.


Comment je vois la vie maintenant ? Comme une petite rivière, calme, apaisée, tranquille mais surtout libre. Une petite rivière du Langtang.

Les moments cools

Ma première douche chaude après 7 jours sans douche pendant le trek c’était super cool. Manger des spaghettis carbonara après 12 jours de riz, lentilles ou soupes c’était cool.

Le snickers à 6h du matin le dernier jour de méditation c’était aussi très cool. La conquête du sommet à 5100m après les crevasses, et surtout le sentiment de victoire le soir au coin du feu, c’était aussi un moment cool. Avoir la révélation que j’aimerais continuer l’alpinisme dans la vie c’était cool. Mais surtout, les sourires et les regards chaleureux le dernier jour de méditation, c’était incroyable, comme un torrent d’amour dans un corps emprisonné de toutes émotions.


Les trucs nuls

Me dire que le Népal c’est un peu une pâle copie de l’Inde c’est nul, je n’ai pas vraiment découvert ce pays. Je vais devoir y revenir. L’intoxication alimentaire mon premier jour de liberté après la méditation c’était archi nul, obligée de manger du riz après 12 jours de riz matin et soir. Beurk. Les petits déjeuners aux épinards épicés à VIPASSANA c’était nul. La soirée très alcoolisé de mon guide pendant le trek c’était aussi vraiment très nul. Mes moments de grande solitude, c’était aussi nul.


Une fierté

Ma tenacité. J’ai décidé que j’allais gravir ce sommet, mon corps n’a pas suivi mais je l’ai tout de même fait. J’ai décidé que j’allais finir cette retraite de méditation, mon esprit s’est débattu, mais je l’ai tout de même fait. Quand on veut, on peut.


Une anecdote

Quand on passe plus de 16h par jour assis dans un hall dans le silence, sans parler, sans bouger, sans penser, il y a un moment où notre esprit devient engourdi. On est tellement concentrés qu’on ne fait plus attention à rien. Sauf qu’il faut savoir qu’il y avait à peu près 60% de népalais dans ce cours. Les Népalais ressemblent beaucoup aux indiens et n’ont pas les mêmes règles de savoir-vivre que nous. Ne pas parler, ne pas bouger, ne pas penser cela ne veut pas dire ne pas roter et ne pas peter pour eux.

Ils s’en donnaient à cœur joie. Au milieu du silence de plomb. Le premier jour, c’était une distraction bien difficile à canaliser mais au final on s’est habitués. Seulement le huitième jour, les nerfs commencent à lâcher et d’une minute à l’autre, on peut ne plus réussir à se maitriser. Alors que le cours allait commencer, un népalais a lâché un pet bien sonore. Un garçon occidental s’est mis à pouffer de rire. Mais un rire contenu dans son écharpe pour essayer de se maitriser. La personne à coté de lui s’est donc mise à commencer à rire de le voir essayer de se retenir. C’était l’épicentre du tsunami. En moins d’une minute, plus de 150 personnes censées vivre dans le silence absolu, concentrées à méditer du lever au coucher du soleil, étaient toutes en train d’essayer de contrôler leurs nerfs et leurs rires. C’était un moment incroyable. Qu’est ce que ca fait du bien de rire en fait. La moitié de la salle a été mise dehors par les surveillants. Je pense que l’anecdote réside encore plus dans le fait que les surveillants ont même du mettre dehors les moines pour permettre de retrouver le silence.


La solitudine

Je pense que ma solitude n’a jamais été ou ne sera jamais aussi grande que durant ce mois de février. J’ai souffert de n’avoir aucune âme sur laquelle m’appuyer pendant mes moments difficiles mais étonnamment surtout pendant le trek. Pendant le trek j’étais très bien accompagnée par les locaux, mais je me suis senti drôlement seule. Pendant la méditation, je ne pouvais parler à personne mais pourtant je me suis senti drôlement accompagnée. La vraie solitude, c’est bien celle que l’on ressent alors qu’on est entouré...


Les défis et les micro sponsors du mois

Ce mois ci j’ai récité de la poésie à 5000m, j’ai retrouvé des sosies chez les locaux, j’ai dansé sur un groupe de black métal au Népal (Black Népal), souhaité de nombreux anniversaires depuis les montagnes et j’ai rencontré des crabes dans un temple. C’était encore un très joli mois à vos cotés.

Alors un ENORME merci à mes gentils bienfaiteurs du mois : Karine, Anne-Sophie, Xavier & Annie, Monique, Eleni, Lénaïc, Simon & Marion, Steven, François le roi crabe et Sylviane. Vous êtes tous les jours avec moi.


Le mot de la fin

You’re welcome , you’re welcome to my garden, my garden of love !


Vive la vie !

#népal #bilan

DERNIERS CARNETS :
LA BIBLIOTHEQUE :
LES CARNETS PHOTOS :
Lonely planet 1month1project

Un tour du monde avec du sens !