BILAN INDE : "Something special inside !"

Something special inside - 1month1project 1M1P Mother teresa

Faire le bilan c’est important, c’est faire l’autre moitié du chemin.

Je vous propose à la fin de chaque projet, un bilan en plusieurs questions, qui seront toujours les mêmes !


Ce que j’ai appris : Comment je vois la vie maintenant ?


En venant chez Mère Teresa j’avais en tête deux choses :

- Essayer de rendre à l’Inde ce qu’elle m’a tant apporté, en donnant autant que possible, amour, force, énergie, argent. De manière désintéressée, simple et personnelle.

- Mais je voulais également vivre la misère. Intensément. J’ai voulu voir son vrai visage et savoir si cela me ferait mal au cœur de la regarder droit dans les yeux. En tant que voyageuse, je connaissais déjà l’insolente et étouffante vérité qu’est l’extrême pauvreté. Sauf que comme la plupart d’entre nous, je la mettais sous un oreiller. Je détournais mon regard comme on détourne son regard d’un SDF qu’on ne regarde jamais droit dans les yeux. Ne pas voir, pour ne pas être mêlée. Comme si de rien n’était. Comme dirait Zazie : « J’étais là mais je n’ai rien fait »

Je pense que mon expérience a complètement rempli ce que j’étais venu chercher. Au vu des sourires et de toute l’énergie que j’y ai mis je n’ai aucun regret et j’ai donné tout ce que j’avais à donner. Je peux dire que je suis maintenant moi aussi une petite goutte dans l’océan d’amour de Mère Teresa.

J’ai appris beaucoup. Plus que tout ce que j’espérais.

J’ai appris qu’il fallait réussir à reconnaître en chaque être humain sa part d’amour et le traiter comme un frère : ne pas avoir peur de serrer dans ses bras un lépreux, un SDF ou un grand brulé. Cela paraît évident mais est ce que vous le feriez vraiment ? J’ai appris qu’il y avait des personnes sur terre qui ont tellement la foi qu’elles dédient leur vie à celles des autres, entièrement et sans se poser de questions. J’ai appris qu’agir rend heureux, que c’est la lumière de l’existence. J’ai appris à être généreuse à chaque instant, que nourrir les autres d’un sourire peut suffire.

J’ai appris que j’étais un petit caillou qui avait envie de faire onduler de nombreux lacs dans sa vie. J’ai appris à vouloir m’entourer uniquement de belles personnes, ouvertes et généreuses comme celles que j’ai rencontré à Kolkata. J’ai appris que 1M1P ce n’est vraiment pas des vacances, c’est un boulot 24H/24. J’ai appris que ma vocation c’était bel et bien de faire du business, mais un business qui permet d’aider à résoudre les problèmes en amont : les centres d’accueil c’est bien, mais c’est les pays qui doivent se développer pour aider les pauvres à trouver du travail. J’ai appris qu’il ne suffit pas d’aller à l’autre bout du monde pour agir : des milliers d’hommes et de femmes, docteurs, infirmières, aides-soignants, éducateurs, et j’en passe, le font tous les jours en France. J’ai appris leur métier pendant quelques semaines et j’ai appris à les admirer.


Comment je vois la vie maintenant ? Belle, plus belle que jamais malgré toute cette tristesse. Mon rapport aux gens est profondément changé. Kolkata , la cité de la joie.



Les moments cools

Les moments cools c’était le matin quand je retrouvais Juliette à 6h45 et que l’on marchait dans l’obscurité et le silence de Kolkata encore endormie. C’était les sourires des patientes quand elles nous voyaient arriver tous les jours. C’était de chanter n’importe comment sur la musique indienne en faisant les lits de PREM DAN. C’était la vaisselle quotidienne avec Teresa et les hugs chaleureux de mes amis argentins. C’était se retrouver au Blue Sky, notre restaurant préféré pour parler de tout et de rien mais surtout de la vie. C'était le sourire de Gracy et ses petits " Mummy take me with you". C'était le regard illuminé d'Alapana quand je m'asseyais à coté d'elle.C’était plein de petites choses du quotidien qui m’ont fait croire que j’étais à Kolkata pour toujours.


Les trucs nuls

Ma première soirée à Kolkata a été nulle : j’avais pas le moral, j’ai pas mangé, j’avais peur d’aller dans la rue. Je ne me suis pas reconnue.L’angine blanche c’était nul, surtout me retrouver seule à Vârânasî, malade, c’était nul. Tout comme dire au revoir à tous les copains que j’ai rencontré, c’était nul. Ou encore le moment où j’ai cru qu’on m’avait volé mon ordi et que j’ai accusé à tort de manière très agressive un coréen. C’était nul.


Une fierté

Alapana ma petite victoire, mais cette histoire vous la connaissez déjà. Alors je dirais d’avoir réussi à tenir à jour le site et les carnets de voyage. Mine de rien c’est un travail colossal de vous raconter tout cela, de choisir les photos, de choisir les histoires, les bons mots, retranscrire ce que je pense sans tirer de trait ou de conclusion trop rapide. J’espère que je vais réussir à tenir le rythme. J’aime le fait que mon voyage ne soit pas une expérience uniquement personnelle, mais qu'il appartient aussi à tous ceux qui me lisent. Si j’arrive à faire évader, rire et réfléchir mes 700 likes facebook alors mon voyage prendra déjà un sens incroyable.


Une anecdote

Je suis devant l’hôtel de Juliette en train de parler avec plusieurs copains. Nous sommes immobiles. Des chiens nous passent entre les jambes mais cela n’a rien d’inhabituel. Tout à coup Teresa me dit d’une voie très sérieuse « This dog is peeing on you » et là, effectivement un chien était en train de faire pipi sur ma jambe droite. Tranquillement. J’ai sursauté, esquivé ce que je pouvais, mais le mal était fait. On reprend alors notre conversation avant que je parte pour me changer. Un deuxième chien est arrivé et a tranquillement fait pipi sur mon autre jambe . Et cette fois, il ne m’a pas du tout raté. Pourquoi c’est toujours à moi qu’il arrive ce genre d’histoires ?


La solitudine

Quand tu es seule tu n’es jamais seule. J’ai pu simplement commencer à entrevoir le fond de cette pensée. Je n’ai jamais été seule plus de 2H pendant tout ce mois de Janvier. A part quand j’ai volontairement voulu être seule à Vârânasî, pour me reposer. Et même là, j’ai rencontré un copain de Kolkata sur le quai du train de nuit pour rentrer. Pour le moment, je n’ai pas vraiment de ressenti sur le voyage en solo car j’ai l’impression d’avoir passé mon mois avec plein de copains, tant j’ai rencontré des personnes incroyables. En revanche, mon expérience de la solitude en étant malade à Vârânasî, j’avoue que ce n’était pas top. J’ai l’impression, et c’est à confirmer, que lorsque je réalise un projet cela m’est égal d’être seule, car je suis concentrée sur un objectif. En revanche, dès que je vagabonde et voyage, j’ai un peu plus de mal à profiter car j’ai toujours eu l’habitude de PARTAGER les bons moments.

En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est qu’être seule à l’aéroport, c’est chiant ! Tu dois prendre ton gros sac avec toi dans les toilettes pour faire pipi !


Les défis et les micro sponsors du mois

Quel mois incroyable : 100% des journées ont été sponsorisés par vous, 100% !!!! Je ne m’attendais pas à autant de soutien.

J’ai eu des défis très cool ce mois-ci : entre la photo avec le pilote de l’avion, une danse Bollywood sur Chammak Challo ou une photo avec le plus grand banyan du monde, j’ai eu du fil à retordre.

Alors un ENORME merci à : Peggy, Karine T, Lisa, Laurent, Marie, Nono, Alice, Elsa, Béryl, Ludovic, Charlotte et Martin, Marie-Christine, Karine P, Maud, Max Stairs, Max P et Nadine !

Ce joli mois c’est un peu grâce à vous. Comme j’ai réussi à tenir 100% de mon budget (à l’euro près), j’ai décidé de reverser 100% de vos dons à Mère Teresa. J’ai donc donné 450€ à PREM DAN en partant afin de les aider dans leur gestion quotidienne. Merci pour eux, vous êtes chacun un peu là-bas maintenant.


Le mot de la fin

Je ne peux pas conclure ce bilan sans parler des incroyables personnes que j’ai rencontré durant ce mois de janvier. Je savais que j’allais rencontrer des volontaires du monde entier mais je ne pensais pas en rencontrer autant et avec autant de cœur. Toutes les personnes que j’ai rencontrées à Kolkata sont des personnes ouvertes, généreuses, les pieds sur terre mais la tête dans les étoiles. Le monde entier vient à Kolkata. Le mot de la fin c’est le discours d’ Eliran, un copain Israélien, qui l’a prononcé pour son départ : « Everybody here, has something special Inside ». 100% vrai.


See you in Népal.

#inde #bilan

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